Heimaey de Ian MANOOK

TITRE : Heimaey

AUTEUR : Ian MANOOK

ÉDITEUR : Albin Michel

PAGES : 464

CHAPITRES : 75


RÉSUMÉ :

Quand Jacques Soulniz embarque sa fille Rebecca à la découverte de l'Islande, c'est pour renouer avec elle, pas avec son passé de routard. Mais dès leur arrivée à l'aéroport de Keflavik, la trop belle mécanique des retrouvailles s'enraye. Mots anonymes sur le pare-brise de leur voiture, étrange présence d'un homme dans leur sillage, et ce vieux coupé SAAB qui les file à travers déserts de cendre et champs de lave... jusqu'à la disparition de Rebecca. Il devient dès lors impossible pour Soulniz de ne pas plonger dans ses souvenirs, lorsque, en juin 1973, il débarquait avec une bande de copains sur l'île d'Heimaey, terre de feu au milieu de l'océan.
Un trip initiatique trop vite enterré, des passions oubliées qui déchaînent des rancœurs inattendues, et un flic passionné de folklore islandais aux prises avec la mafia lituanienne : après l'inoubliable Mongolie de sa trilogie Yeruldelgger et le Brésil moite et étouffant de Mato Grosso, Ian Manook, écrivain nomade, nous fait découvrir une Islande lumineuse, à rebours des clichés, qui rend plus noire encore la tension qu'en maître du suspense il y distille.


MON AVIS :

Heimaey : Petite île d'Islande d'une superficie de 13,4km².

Heimaey : Là où tout à commencer, et là où tout finira.

Soulniz entraîne sa fille Rebecca (Bekky de son surnom) découvrir l'Islande. Un itinéraire soigneusement préparé qui va très vite viré au cauchemars pour ces deux français :

Un petit mot de bienvenue d'abord sur le pare-brise de sa voiture de location, puis la présence d'un homme lors des excursions, ou encore une voiture rouge qui les suit de loin.

Tout ramène Soulniz à ce drame de 1973. Que s'est-il passé ce jour là à Heimaey ?

Quel voyage ! Quels paysages ! Des chutes d'eau de Gullfoss, au Blue Lagoon, en passant par les Hot Pot ou encore les Solfatares, on découvre l'Islande à travers la plume de Ian Manook. Un petit tour sur Google Image au fur et à mesure de la lecture, et on en prend plein les yeux. Un paysage pur, une beauté sauvage et tellement fragile. L'auteur nous livre ici un pur voyage initiatique au cœur de l'Islande, un voyage peuplé de légendes.

« Beckie se laisse prendre par la beauté des lieux. Le fond du fjord dont l'eau est translucide devient par reflet un marbre lisse et noir. Les montagnes érodées qui l'enchâssent, tapissées de mousse orangées et d'herbes vertes où paissent des moutons blancs et noirs disséminés sur des pentes improbables. Et surtout le calme vertigineux qui fige tout ce paysage démesuré dans un sentiment de solitude qui l'étreint soudain. » (page 127)


Il n'y a pas que les paysages qui sont à couper le souffle ! Les personnages sont également étonnants :

Kornélius, le flic, ce géant passionné de folklore islandais ;

Beckie, l'ado rebelle qui ne fait que ce qu'elle veut ;

Soulniz, le père un peu paumé qui tente de renouer le dialogue avec sa fille ;

Ou encore Anita et son fameux nez rouge de clown.

Des personnages très éclectiques pour une réussite totale.

Dans ce roman, on ne parle pas seulement de l'Islande et de ses beaux paysages. On aborde également des thèmes très différents comme celui des relations avec les autres (qu'elles soient professionnelles ou encore personnelles), le monde de la drogue et de la mafia Lituanienne, la vengeance.

Bien que certains passages m'aient terrifié, notamment ceux avec les corbeaux, d'autres m'ont attendris. Je suis passée par un mélange de sentiments tout au long de ma lecture.

Alors que j'avais eu un gros de cœur en lisant Hunter sous le nom de Roy Braverman, je n'ai pas eu la même sensibilité à cette lecture-ci. J'ai aimé découvrir Ian Manook (oui, oui, je n'ai pas encore lu Yéruldelgger), mais je n'ai pas eu le même coup cœur. Il m'a semblé que Roy Braverman mettait plus de rythme dans son thriller.

En résumé, une très bonne lecture, un très beau voyage rempli de meurtres atroces et de paysages magnifique.