Patrick BAUWEN : l'interview en 7 questions

Littéralement scotchée par ma lecture de « La nuit de l'ogre », j'ai souhaité connaître un peu plus Patrick BAUWEN, que je vais maintenant suivre avec assiduité.

Je vais également me rattraper en lisant ses précédents romans que sont « L'oeil de Cain » (2006), « Monster » (2009) qui est déjà dans ma PAL, « Seul à savoir » (2011) et « Le jour du chien » (2017).


1/ Quand et comment avez-commencez à écrire ?

Le jour où j'ai terminé la lecture du « Seigneur des Anneaux », en classe de 6e, j'ai commencé à écrire des scénarios de jeux de rôles. Le jour où j'ai terminé la lecture de « Différentes Saisons » de Stephen King, les yeux hagards, tremblant d'émotion, j'ai décidé que je deviendrai écrivain ou rien.

Mais c'est le jour où j'ai terminé la lecture de « 37,2 le matin », de Philippe Djian, que je me suis réellement mis au travail. J'étais en classe de Première. J'ai transpiré, je me suis mis à nu, j'ai réécrit mon texte plusieurs fois. Et j'ai remporté le concours de nouvelles auquel je participais. Premier Prix. Mais je ne suis pas allé le chercher. Par honte, par peur que mes copains se fichent de moi. Personne ne l'a su, même pas mes parents. Mais je l'ai remporté, ce fichu prix.

À partir de ce moment-là, je n'ai plus jamais cessé d'écrire.


2/ Comment passe-t-on du sympathique médecin urgentiste en blouse blanche à l'écrivain à la plume aiguisée ?

En enlevant la blouse, haha. Je plaisante. Lorsque j'ai annoncé à mes parents que je voulais devenir écrivain, ils m'ont répondu : « Quoi ? Jamais de la vie ! Tu dois exercer une profession sérieuse ! » Et donc je me suis inscrit à la fac de médecine. J'ai réussi mon concours. J'ai endossé la blouse blanche. Mais dès la deuxième année, je travaillais dans un journal de jeux de rôles, appelé Casus Belli. Et dès la troisième année, hum... on me trouvait beaucoup plus souvent à la rédaction du journal que dans les couloirs de la fac. Sans compter mes activités parallèles, dont je ne parlerai pas ici, mais que je raconte dans Le Jour du Chien et La Nuit de l'Ogre. Au total, j'ai eu une vie étudiante plutôt mouvementée. Je ne regrette rien. L'écriture, c'est la liberté !

"Beaucoup de patients qui viennent me voir connaissent mes deux métiers. "


3/ Dans « La nuit de l'ogre », peut-on dire qu'il y a du vécu ? Notamment avec les confréries d'étudiants...

Je mets toujours beaucoup de moi-même dans mes personnages principaux. C'est ma façon de vivre l'histoire. Je procède de la même façon pour les personnages secondaire, que je calque très souvent sur des personnages réels. Les fraternités que je décris existent vraiment. Et un certain nombre de gens sont présents dans l'histoire sous leur vrai nom, ou sous un nom proche. Il suffit de lire les remerciements pour découvrir lesquels. Je demande la permission la plupart du temps ... mais pas toujours. Eh oui, à côtoyer un romancier, on risque un jour ou l'autre de se retrouver à l'intérieur du roman.


4/ Et quand vos lecteurs deviennent vos patients, que se passe-t-il ?

Beaucoup de patients qui viennent me voir connaissent mes deux métiers. Ça fait longtemps que j'exerce au même endroit. Parfois, on a des discussions sur tel ou tel aspect des romans, et c'est très sympa. Certaines personnes me proposent même de m'aider dans mes enquêtes préliminaires. Ce qui est vraiment très pratique, parce que l'approche amicale est bien meilleure que l'approche officielle pour me permettre d'aller fureter dans toutes sortes d'endroits interdits, comme les catacombes, l'IRCGN, ou les coulisses d'une Cellule d'Investigation Criminelle.


5/Quel est votre dernier coup de cœur littéraire ?

La trilogie « Vernon Subutex » de Virgine Despentes. Son écriture est fulgurante. Elle est capable d'entrer dans la tête de personnages très différents, d'en capturer l'humanité et de la retranscrire dans un style à la fois simple et incroyablement inspiré. Lorsque les gens voient peu de vocabulaire, ils pensent parfois que le style est léger. C'est exactement l'inverse. Hemingway s'échinait à écrire dans un style limpide et dépourvu de mots compliqués.


6/ A quand votre prochain livre ? Chris Kovak et le commissaire Batista en feront-ils partie ?

Les personnages précédents seront de retour, bien sûr, et de nouveaux protagonistes vont apparaître. Le cycle « EVANGILE » - c'est son nom - est conçu comme une série télévisée : chaque roman constitue une nouvelle saison. Dans la saison 3, une nouvelle menace va mettre tout le monde à l'épreuve... y compris vous. Parution au premier semestre 2019 !


7/ Pouvez-vous nous donner 5 mots pour donner envie aux lecteurs de lire « La nuit de l'ogre » ?

VOUS... NE... DORMIREZ... PAS...

PROMIS !

Vous pouvez retrouver l'auteur sur sa page Facebook ici . Merci à Patrick BAUWEN de nous permettre de faire des cauchemars (ah ah ah) et merci aux éditions Albin Michel pour leur confiance.